Pierre LAMBY, huile sur papier

L’oeuvre de l’Artiste-peintre et architecte Pierre Lamby (1932-2012) fut présentée une première fois à la Galerie de Jean-Philippe Braam en 2013.Les différentes contributions au catalogue édité à cette occasion mettent bien en lumière les caractéristiques de son parcours, conjuguant architecture et peinture. Dès les années cinquante il consacre plusieurs années comme jeune architecte à la reconstruction du village de Peyresq dans les Alpes de Haute-Provence.

Evoquant le peintre dans l’introduction dudit cataloque, Philippe-Roberts-Jones, Conservateur en chef honoraire des Musées Royaux des Beaux-Arts, met en exergue « son savoir-faire, sa sensibilité et son expressivité » et ce, « dans une oeuvre conçue dans le silence et le retrait ».

Le visiteur de la Galerie Braam constatera que les tableaux aux cimaises constituent autant d’exemples d’une peinture caractéristique de la période d’après-guerre s’inscrivant dans le droit fil de l’ histoire de la peinture « moderne » de l’époque. Que l’on pense notamment à « la Jeune Peinture », belge ou française..

La peinture de Lamby est dans un premier temps proche à la fois d’une abstraction « chaude », courant à l’époque porté par le critique français Charles Estienne, et d’ une forme de réalisme référencé à la nature environnante. Dans un deuxième temps, cette manière sera marquée par des accents plus matiéristes, comme chez son ami René Guiette.

Jean Bazaine, dans ses « Notes sur la peinture d’aujourd’hui »( Seuil, 1953) conteste la radicalité conceptuelle d’une peinture qui se voudrait « purement et simplement abstraite » (« qui s’inscrirait en marge de toute influence extérieure »).

A propos de l’ «art non-figuratif », il écrit: «La tentation de faire surgir de soi, informes pour le monde, bouleversants, les signes mêmes, les cicatrices de ses plus secrets mouvements intérieurs, c’est la raison d’être du peintre depuis que la peinture existe. Mais il ne peut s’agir de rejeter des formes (mais des combinaisons de formes) provenant de la nature, puisque les formes du tableau, si peu figuratives soient-elles, il faut bien, même passant à travers nous, sortant de nous, qu’elles viennent de quelque part ».

Vincent Van Gogh avait déjà écrit dans une lettre à son frère Théo : « Je ne connais pas de meilleure définition du mot art que celle-ci : l’art c’est l’homme ajouté à la nature» (« Lettres », Grasset, 1937).

Pierre Lamby personnalise parfaitement ce que Philippe Roberts-Jones qualifie déjà en 1960 du « grand événement …de l’art contemporain ». Il prenait la parole pour la leçon inaugurale au cours d’Histoire de l’Art à l’U.L.B. (Revue de l’U.L.B, Année XII n°5, août- septembre 1960) : « C’est la mise en évidence de l’humain (…) et sans nul doute (…) placer l’homme au premier plan de ses préoccupations et non plus le sujet. Et lorsqu’on dit l’homme, il faut entendre l’être vivant qui sent et agit, et non l’homme dans sa seule réalité anatomique de modèle ».