Jean-Marie Planque (1932 - 1992) Oeuvres Graphiques - Peintures

Date: 
Jeudi, 15 Septembre, 2011 - Vendredi, 7 Octobre, 2011
Vernissage: 
Jeudi, 15 Septembre, 2011 - 18:30 - 22:00

De 1942 à 1946 il réalise des études artistiques à l'Académie de Tournai.

Il séjournera à paris de 1955 à 1957 puis fréquentera les Académies de Saint-Josse et de Molenbeek ainsi que l'Académie Constantin Meunier.

Diverses expositions individuelles à Bruxelles, Tournai, Mouscron et Cocquio (Italie).

"... Attirée surtout par les couleurs éclatantes et pures posées en touches épaisses, la peinture de Jean-Marie Planque oscille entre une figuration néo-cubiste, volontiers morcelée en damiers, et une abstraction souplement géométrique, parfois plus lyrique."          Serge Goyens de Heusch

Lien utile :  http://triophpnet.phpnet.org/jeanmarieplanque/

« Ici c’est ma chapelle…

 … j’y prie les saints qui hantent ces lieux et qui se nomment Rouge, Jaune, Bleu »

 Cette formule lapidaire griffonnée sur une page de cahier ligné marquait le territoire de Jean-Marie Planque, le message à peine codé avertissant le visiteur, (souvent) inopportun, qu’en ce lieu, rares étaient ceux qui pouvaient pénétrer.

 Je n’ai pas connu l’artiste, décédé en 1992 à l’âge de 60 ans. Aussi, lorsqu’il me fut donné en 2010 de visiter une première fois son atelier, je fus saisi d’un sentiment comparable à celui du promeneur dans un cimetière ancien, qui pour passer son chemin et se trouvant obligé de franchir l’obstacle d’une pierre tombale, contraint  et gêné de devoir y poser furtivement le pied, s’excuse, déjà mais trop tard, du dérangement.

 Tout était resté en l’état.

 Plusieurs centaines de peintures et quelques milliers de dessins et études vivaient là, à l’abri du monde et de son spectacle, comme le fut la vie souhaitée de J-M Planque qui se recréait chaque soir le sien propre.

 « Un cœur sensible est toujours misanthrope un peu (...). On nommerait trop vite égoïste l'homme sensible qui cherche la solitude par précaution contre les messages humains »(Alain, Propos, 1910).

 Ainsi ai-je envie de définir Jean-Marie Planque.

 En découvrant au propre comme au figuré cette œuvre gigantesque, me sont apparues les contradictions (complémentaires) de l’artiste, insupportable, généreux, fragile, puissant, et tourmenté.

Tour à tour figuratif, abstrait, dessinateur, lithographe, usant de la pointe sèche et sévère autant que du couteau large et gras, il portraiture comme il compose des paysages abstraits aux allures de constructions.

Ses carrés et rectangles prennent la pose et deviennent lyriques sous le pinceau lorsqu’ils sont les réceptacles de larges flaques de couleurs vives, chaudes ou froides, qui évoquent l’art du vitrail. Poliakoff non plus n’est pas loin.

D’autres fois la plume et l’encre parcourent le support pour le couvrir d’une maille dense qui inexorablement file en se refermant sur elle-même, expression de l’enfermement volontaire de l’artiste.

Ses compositions aux formes douces et imbriquée exécutées aux crayons de couleurs sont peut-être révélatrices des moments les plus apaisés vécus par J-M Planque, telles un trait d’union entre sa peinture éclatante, ouverte sur son monde, et ses recherches graphiques, refermées sur son monde.

 J-M Planque craignait les fréquentations. Il n’a exposé que très exceptionnellement, considérant l’avis de ses contemporains comme une intrusion dans sa relation intime à l’art.

 Je n’ai retenu au final qu’une trentaine d’œuvres réalisées durant les années quatre-vingt, écartant volontairement toute composition figurative pour ne laisser que le Rouge, le Jaune et le Bleu.

Jean-Philippe BRAAM

Dans la presse :

Le Soir du 24 septembre 2011

"Le bon Planque

Jean-Marie Planque est décédé en 1992. En laissant une infinité d'oeuvres-peintures, aquarelles, gouaches, dessins... Il n'aimait pas montrer son travail et se montrer. Il avait tort. L'expo à la Braam Art Gallery le montre. Cette sélection de ses milliers d'oeuvres montre la générosité et la fragilité de son art, entre constructivisme et lyrisme. C'est rue Fourmois 9 à Ixelles, jusqu'au 7 octobre" Jean-Claude Van Troyen