Daniel BRUNIAUX

Date: 
Jeudi, 6 Février, 2020 - Samedi, 15 Février, 2020
Vernissage: 
Jeudi, 6 Février, 2020 - 18:30 - 21:00

"Après le cubisme et le surréalisme, on n’a plus regardé la réalité qu’à travers une conscience oblique. Du coup, une troisième voie était possible, qui mêlerait les expériences de la mémoire, sans pour autant que l’imaginaire se confonde avec l’absurde cher au surréalisme : “Peindre avec des souvenirs”, disait déjà Paul Klee. D’abord fermer les yeux, puis regarder avec la souplesse d’un scanner les images et les sensations défilant sur l’écran de la mémoire. C’est ce qui a motivé Daniel Bruniaux lorsqu’il se plaçait devant sa toile comme devant un miroir, interrogeant son propre corps en relation avec les états affectifs et les lieux où celui-ci a pu évoluer, ce que l’artiste appelle “le sentir-voir”. Se poster au carrefour de ses souvenirs et guetter les étranges figurations qui peuvent en surgir. Non pas des concepts, mais des sensations bien concrètes qu’il faudra traduire en signes plastiques, afin d’atteindre le regard: plasticité du regard et balayage mental des espaces-temps propres à l’artiste.

Dès lors, on comprendra mieux que, pour Daniel Bruniaux, chaque tableau, un peu comme chez Francis Bacon mais pour d’autres raisons, est une réitération d’un propos identique, à savoir le mystère qui consiste à être ici, puis à disparaitre d’ici pour être là. Derrière les apparentes étrangetés des toiles de l’artiste, se cache une conception nouvelle de la perception visuelle, considérée déjà par Merleau-Ponty à propos de Cézanne, comme “une immersion mobile dans le monde visible”. Daniel Bruniaux se déleste de cette dichotomie, et il en fait son grain. Il questionne ainsi la vision elle-même !"

 

Serge Goyens de Heusch

La presse en parle: 
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